COMPTE-RENDU DU MARDI 20 DECEMBRE 2011

Résumé:

Comment mettre en relation des connaissances et le besoin de connaissances ? Comment faire (re)naître l’intérêt pour le jardinage dans un environnement urbain ? Comment la pratique du jardinage peut-elle contribuer à nouer des liens entre les habitants et permettre d’imaginer autrement son quartier ? Autant de questions qui ont nourri les discussions du 4ème Mardi de la Semeuse aux Laboratoires d’Aubervilliers, le 20 décembre dernier.

Valérie Lessertisseur, artiste et habitante engagée de la Maladrerie, est revenue sur l’histoire de cette cité-jardin d’Aubervilliers, classée Patrimoine du XXème siècle. La plupart des appartements y bénéficient d’une terrasse jardinable, dont la plupart sont malheureusement laissées à l’abandon par manque d’intérêt ou de connaissances du jardinage. Avec la Régie de quartier, Valérie tente d’organiser des rencontres et des évènements pour raviver l’intérêt des habitants pour le jardinage, en insistant sur la simplicité et la gratuité des moyens mis en œuvre. Tout est possible « avec un peu de malice » ! Ainsi, du mobilier peut facilement être construit avec des matériaux de récupération. Il suffit parfois de mettre en contact une dame à la terrasse envahie par les mauvaises herbes et un monsieur à la retraite pour que celui-ci nettoie la terrasse à peu de frais… Et des ateliers de dessin avec des enfants de l’Office Municipal de la Jeunesse sont l’occasion de réinventer un quartier surtout décoré de parpaings !

Deux représentantes de la Régie de Quartier évoquent l’échec de leur tentative de mettre en place un jardin partagé sur l’une des terrasses en rez-de-chaussée. Il faudrait trouver des moyens de sensibiliser les habitants. Des personnes présentent s’interrogent sur le rôle possible de la ville ou de l’OPHLM dans la rénovation du quartier, mais Valérie insiste sur le fait que ce sont les rencontres et les échanges entre les habitants et leurs initiatives qui comptent avant tout.

Sylvie Napolitano, artiste et co-fondatrice de l’association Auberfabrik, relate l’expérience d’un jardin partagé mené par l’association au pied de la Cité Hélène Cochennec.

Avec 50cm de terre, des espaces de jardinage ont été installés, mais aussi une zone de compost, un hôtel à insectes, une citerne… le tout à partir de matériaux de récupération. Des ateliers le mercredi et le samedi après-midi accueillent parfois jusqu’à 50 enfants du quartier, et l’association réfléchit aux manières d’associer les parents, en dialogue avec le Service de Démocratie Locale. Après quelques soucis avec des jeunes du quartier au démarrage, ce projet qui associe pratiques artistiques et sensibilisation à la biodiversité est maintenant accepté des habitants.

Quels moyens peut-on mettre en place pour réinsérer la nature dans le paysage urbain ? Une personne présente mentionne la « guérilla urbaine » menée par des habitants de New York qui sèment des graines dans les espaces publics. On réfléchit à la possibilité de mutualiser des outils de jardinage, ainsi que des manières de (ré) apprendre les gestes du jardinage. Le problème de l’arrosage (qui démotive les habitants) pourrait être résolu par l’introduction de plantes grasses, nécessitant peu d’eau, où encore par l’installation de systèmes de récupération des eaux. Il semblerait que comme pour les composteurs, Plaine-Commune réfléchisse à mettre en place de tels systèmes.

Guilain et Perrine évoquent un projet de jardin partagé initié par Marjetica Potrc à Amsterdam, « The Cook, The Farmer, His Wife and their Neighbours », parvenu à sensibiliser les habitants à leur espace commun.

L’un des rôles de la Semeuse est de créer un réseau d’associations et d’habitants autour des jardins. Guilain annonce la création d’un petit journal et d’un blog (en lien avec des lycéens de Le Corbusier qui participent à des ateliers avec lui) pour faire circuler les informations entre les jardins. La rédaction d’une charte est également prévue pour matérialiser les valeurs de la Semeuse, à laquelle tous sont invités à contribuer.

Compte-rendu détaillé

Guilain Roussel accueille et présente la Semeuse, un projet destiné à favoriser les échanges de plantes, mettre en réseau les jardins partagés, fédérer et rendre plus fortes de petites initiatives, mais aussi rassembler des jardiniers qui voudraient donner un coup de main, partager des plantes.

Lors de la dernière séance, nous avons évoqué l’installation du jardin.

GR montre le plan avec les sacs rouges hors-sols (espaces de culture destinés à accueillir des plantes apportées par des habitants qui peuvent ensuite les remettre en circulation), un espace de travail central sur l’esplanade des Laboratoires et le «laboratoire vert» sur l’espace de la pelouse (destiné à tester la revitalisation du sol urbain à travers différents modes opératoires de traitement du sol: compost, luzerne…).

Plan du jardin dessiné par G.Roussel.

Il y a des végétaux très communs dans des cultures très différentes: c’est un moyen de se rassembler. Dans une ville cosmopolite comme Aubervilliers, beaucoup de plantes très différentes circulent, la Semeuse est aussi un moyen de se retrouver autour de ces plantes. Une serre est également prévue.

Chaque mardi de la Semeuse est l’occasion pour les jardins d’Aubervilliers de se présenter et d’échanger, pour créer un réseau de jardiniers solidaires. La Semeuse permet de mettre en relation des besoins et d’y répondre ensemble.

Durant cette séance, nous voulons réfléchir aux moyens de mettre en place ce réseau.

Valérie Lessertisseur a fait une étude sur la Cité de la Maladrerie à Aubervilliers.

VL: La Maladrerie est une cité-jardin où la plupart des appartements ont une terrasse ou un jardin en rez-de-chaussée. Depuis 15 ans, on constate peu d’amélioration et de développement, voire l’abandon des terrasses, par manque d’envie… Moi j’ai un petit jardin, j’échange des plantes, je suis dans le même processus que la Semeuse. Avec zéro moyen, on peut valoriser le moindre terrain. Je me suis rapprochée de la Régie de Quartier qui a déjà une bonne place auprès des habitants. Azouz Garbi de la Régie a une grande sensibilité à l’environnement et m’a donné des informations sur ce qui existait dans les alentours : Exemple d’une association d’insertion professionnelle à Saint-Denis qui cultive 3 hectares d’agriculture biologique. De là naît l’envie de revitaliser les espaces de jardins de la Maladrerie, de sensibiliser les habitants à l’histoire de la cité-jardin (classée patrimoine du XXème siècle).

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Ci-dessus: photos de la maladrerie (crédit photos: Jean-Claude Hurel).

GR: C’est un projet assez unique avec des terrasses plantées avec 40 cm de terre… beaucoup de gens ne savent pas utiliser ce potentiel.

VL: Sur un plan citoyen c’était nécessaire d’agir. Sur le plan social et politique, on ne voit pas trop de progrès depuis 15 ans, et il n’y a pas de projets autour du rapport à la nature, malgré le travail d’associations comme Jardins à tous les étages.

Après un état des lieux, on se rend compte que tout le monde n’a pas de sensibilité à la nature. Il fallait donc mettre en place des échanges de savoir. Il y a un an l’OPHLM pour refaire la clôture a détruit tout mon jardin. Je suis allée récupérer des plantes à la campagne et j’ai organisé une démonstration au moment de replanter mon jardin pour montrer qu’on peut le faire sans moyen, y compris le mobilier. Un jardin permet un agrément esthétique mais aussi un profit économique (éviter de racheter des plantes tous les ans, etc).

Je tire profit des ressources locales, comme le grand nombre d’enfants (présence de l’Office Municipal de la Jeunesse), les personnes âgées qui ont des connaissances du jardinage, des personnes d’origine très différente… Mais ces personnes ne sont pas connectées. J’ai déjà tenté de faire des connexions lors des premiers ateliers de la Semeuse l’année dernière. L’ouverture du jardin en avril permettra d’échanger des plantes, de mutualiser des outils, etc. On pourrait aussi mettre en place un système de récupération pour créer du mobilier.

Il n’y a pas de baie vitrée pour accéder aux terrasses de la Maladrerie, il faut escalader une fenêtre. Il y a aussi des problèmes d’infiltration. Il faut prévoir une zone sèche, sans terre. Les idées sont simples. Il y aurait trois moments importants: échanges de plantes, création de mobilier, mutualisation des outils. Tout ça permet des liens avec la Semeuse.

C’est hyper important de gommer l’aspect financier du rapport à la nature. Il faut agir de façon un peu malicieuse pour que les choses bougent. Il faudrait pouvoir faire la démonstration sur une terrasse, chez des gens, faire comme un petit reportage pour montrer comment on peut remettre en état les jardins.

Questions:

Qui gère les appartements? OPHLM ou co-propriété.

Quelle est la taille des terrasses? Très variée, jusqu’à 100m carrés

Quelles sont les contraintes? Mettre du gravier tout autour, mais avec la possibilité de cultiver des plantes vivrières. Les gens peuvent en faire ce qu’ils veulent.

Quels sont les budgets de l’OPHLM et d’Aubervilliers? Par exemple dans le 14ème arrondissement, Paris Habitat a des fonds pour des projets sociaux. Ils ont refait des jardins en concertation avec les habitants. Il y a des possibilités de financement pour du matériel par exemple.

VL: J’en suis à mon 3ème projet depuis 15 ans dans le quartier et je n’implique pas l’OPHLM. Car je veux faire des projets gratuits.

La Maladrerie existe depuis 30 ans; ça aurait pu être un quartier modèle de ce à quoi tout le monde aspire en ce moment. Je préfère faire le projet avec des gens que j’aime bien, comme la Régie de Quartier. Il faut rester dans la formule la plus simple.

GR: Il y a plusieurs échelles de mutualisation possible.

VL: Il y a quelques temps j’ai branché une de mes voisines dont la terrasse était envahie de racines avec un vieux monsieur à la retraite qui pour 30 euros lui a parfaitement nettoyé son jardin.

GR: On rencontre très fréquemment des gens aux compétences inutilisées. Comment mettre en relation des gens qui ont des compétences et ceux qui en ont besoin ?

VL: C’est aussi le rôle de la régie.

Question: Comment peut-on impliquer les écoles?

Solange Bureau, Responsable CNL (Confédération Nationale du Logement): au niveau de l’OPH il n’y a pas de budget pour quoi que ce soit. Mais un groupement de personnes (pas obligatoirement déclaré comme association) a la possibilité de pouvoir bénéficier d’un euro par habitant pour un projet. Cela peut permettre d’acheter des outils par exemple.

Question: qu’est-ce qui fait sens collectif dans ce projet? Car ce n’est pas un jardin partagé. Qu’est-ce qui fait sens entre les gens?

(régie de quartier):Il y a des parcelles en rez-de-chaussée qui pourraient être partagées. Rien que le fait d’échanger des pratiques de culture, d’entretien, de fabrication de mobilier… On peut se rencontrer dans l’espace de la Régie ou dehors…

(régie de quartier):Notre problème à la Maladrerie c’est que nous sommes une cité-jardin où très peu de gens jardinent leur terrasse. Il faut développer des liens et des envies. ca fait des années qu’on discute avec l’OPHLM des jardins en rez-de-chaussée qu’on voudrait aménager comme des espaces publics bien qu’ils soient rattachés juridiquement à des logements, car sinon tout paraît à l’abandon. A la Régie, on avait développé un jardin partagé auquel on a essayé d’associer les habitants alentours sans succès. On ne peut pas forcer les gens. Il faut préserver la qualité de vie à la Maladrerie et voir comment on peut la développer.

GR: la Maladrerie est un exemple très fort du lien entre végétal et habitat, qui peut servir de modèle à d’autres quartiers de la ville. Comment transmettre ces expériences? La Semeuse peut aussi être le lieu de ces discussions, du partage de ces expériences.

GR demande à Sylvie Napolitano (de l’association Auberfabrik, installée depuis 3 ans au pied de la Cité Hélène Cochennec) comment se passe le rapport avec l’OPHLM.

SN: Nous sommes une association. Nous n’habitons pas le quartier. Le but est de créer du lien social et nous recevons une subvention de l’OPH qui nous aide sur notre projet de jardin. On a un projet pour l’année prochaine de jardin d’échange pour lequel on attend la réponse. Le principe du jardin d’échange, c’est de proposer une ouverture du jardin qu’on est un peu tout seul à gérer depuis le début. Une association avait essayé de mettre en place un potager classique mais il y a eu des dégradations et ils ont jeté l’éponge. Avec notre projet on accueille des enfants le mercredi et le samedi avec parfois jusqu’à 50 enfants. On a décidé d’ouvrir aux habitants du quartier aussi pendant les jours de la semaine. On essaye de créer des conditions pour accueillir les autres habitants, avec une vingtaine les mardis matins, plus les mercredis et les samedis. On va faire un sondage pour voir ce que les gens attendent et discuter avec le Service Démocratie locale pour voir ce qu’on peut faire. On a envie de faire le lien entre nos projets artistiques et la biodiversité. Depuis que nous avons repris nos activités au mois de septembre nous n’avons plus aucune dégradation dans le jardin. On a maintenant une citerne, un hôtel à insectes (avec des coccinelles, des punaises, des abeilles), une zone de compost avec un panneau d’explication. On n’a que 20 centimètres de terre sur une dalle de béton alors on a testé des moyens de rajouter de la terre avec les moyens du bord. On fait aussi beaucoup de récup. On travaille beaucoup avec le service de rénovation urbaine de Plaine-Commune.

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Ci-dessus: photos du Jardin des Fabriques prises l’année dernière lors d’un atelier « récup’ au jardin ».

VL: Depuis 15 ans à la Maladrerie il y a quatre ou cinq lieux qui sont constamment vandalisés, détruits. Je suis sûre que ça ne coûterait pas si cher de rénover ces espaces. Il faudrait réfléchir à plusieurs. C’est des lieux conçus comme des espaces de vie, des agoras mais qui ont été mal pensés car ils sont trop proches des habitations donc ils ne sont pas utilisés. Il faut savoir que la cité a été construite sur 30 ans et que la dernière partie a été faite au rabais. L’espace a été conçu pour empêcher les gens de s’asseoir, de se rassembler… On pose des questions mais l’OPHLM ne donne pas des réponses. Des audits ont été réalisés mais rien n’a été fait. Il y a une présence végétale mais elle n’est pas mise en valeur.

(Valérie montre des photos avec des propositions d’améliorations visuelles)

Il existe des matériaux nouveaux, comme des résines végétales pigmentées qui sont écologiques et pourraient être utilisées.

SN: Les mêmes architectes que ceux de la Maladrerie (Renée Gailhoustet et Jean Renaudie) ont fait un quartier à Ivry, qui a été rénové.

GR: Quand on a parlé des jardins partagés, les gens ne s’y sont pas intéressés, ça na pas fonctionné.

Régie: C’était très cosmopolite, les gens ne se sont pas du tout investis, mais les habitants n’étaient pas prêts pour ça. 3 ou 4 personnes de la Régie travaillaient au jardin, ça n’avait pas de sens. Ce n’était pas ce qu’on voulait faire

Claire (Les Laboratoires d’Aubervilliers): Est ce qu’ en réhabilitant les murs, les locataires auront un regard nouveau, autre sur leur terrasse?

VL: Oui, c’est de l’imagination. Imaginer à partir du parpaing sale, c’est difficile. Il faut au moins quelque chose de neutre, propre. Il faut commencer par l’art de vivre: il faut commencer par s’asseoir sur notre terrasse, y jouer, y lire. Pour jardiner, il faut l’avoir vécu, vu, fait. La dégradation, le parpaing empêchent de voir la nature.

GR: ça renvoie une image négative de l’endroit où l’on est.

Claire: La ville, l’OPHLM envisage-t-elles de rénover?

VL : Je le fais au sein des locaux de l’OMJA. Mon cours de dessin consiste à commencer à imaginer autre chose que la pauvreté des lieux autour de nous. On fait une séance de dessin à partir de photos de ces endroits sinistrés. Faire naître l’imagination, pour qu’il y ait des projets d’amélioration.

Question: Avez-vous entendu parler de la guérilla jardinière à New York?

VL : Il y a la distribution de graines pour les gazons fleuris, mais on n’explique pas aux gens comment travailler la terre pour que ça prenne. C’est une mesure commerciale bizarre. La guérilla jardinière, en version démonstrative, ce serait bien plus efficace!(rire)

Régie de quartier : Il faut arroser, on n’a pas de récupérateur d’eau. Il y a toujours des moments de sécheresse, il n’y a plus de verdure.

GR: C’est là qu’il y a un manque de transmission. Il faut voir comment donner des conseils au niveau des jardins de la ville. On parle de cas où il y a un déracinement par rapport à ces pratiques-là, on a des générations qui ne savent plus comment faire avec la terre, les quelques petits gestes qui font que ça pousse là. Que mettre en place a l’échelle de la ville pour mettre en relation les connaissances et les besoins de connaissances ?

Solange Bureau: (Toujours concernant La Maladrerie) Quand on a des terrasses de 100 m2, quand on doit les arroser, ça doit représenter quelque chose pour certains. L’idée d’aider est bonne mais c’est presque une obligation, en fonction de la famille qui y est. Au début les gens choisissaient d’aller là-bas, il y avait un engouement. Au départ les gens avaient envie d’avoir leur bout de jardin. Aujourd’hui, il n’y en a pas beaucoup qui vont avoir envie de prendre de l’eau et d’aller arroser.

GR: Dans des possibilités très concrètes, la demande de certaines personnes d’avoir des plantes spécifiques (sols ingrats, pas besoin d’eau etc.)

Questions: On peut aussi voir s’il peut y avoir de la récupération d’eau sur les terrasses ?

Claire (Les Laboratoires d’Aubervilliers): Plaine Commune installe des composteurs, ils viennent l’installer gratuitement pour les associations, 10€ pour un particulier. Ils réfléchissent à faire la même chose avec la récupération d’eau.

GR: Avec Perrine nous allons presenter le jardin TheCook, the farmer, his wife and their Neighboor (plus d’info ICI):

On a repris cet exemple ramené par Marjetica Potrc (artiste à l’origine du projet La Semeuse) d’une expérience menée aux Pays-Bas sur un cœur d’ilots complètement morts, un carré de pelouse, aucune occupation des habitants. Il s’agissait de redonner vie à cet ilot situé à Amsterdam.

(Guilain présente des diapos et photos des espaces désertés à Amsterdam)

Perinne: L’image du bas était un commerce a l’abandon récupéré par les habitants pour en faire un local de rencontre, etc. ce plan c’est la mise en relation entre voisins, la prise de conscience de l’espace commun. Ils ont crée une sorte de guichet pour faire une permanence auprès de tous les voisins qui recherchaient des infos.

GR: C’est un projet qui créé beaucoup de synergie.

P : Ils on créé un espace de restauration, une cuisine

GR: Les photos avant/après sont très intéressantes. La clé de ce projet est autour du travail de la cuisine : comme la terre, la cuisine est un élément fédérateur entre personnes. Elle permet la communication entre communautés qui ne discutent pas vraiment entre elles. A Aubervilliers il y a Une oasis dans la Ville qui fait aussi des ateliers de cuisine. L’idée qui émerge de la situation spécifique de ces personnes qui ont ces besoins la sur place, il y a un local spécifique.

GR: Ce qui est intéressant par rapport à la semeuse, c’est comment on active, formalise les liens, les échanges. Pour la fête des jardins, ça ne fonctionnait pas. Est-ce qu’il ne faudrait pas aider les associations à entrer en relations avec les habitants et les unes avec les autres. C’est l’idée de travailler sur un plan physique qu’on peut avoir qui serait commune à plusieurs jardins d’Aubervilliers. C’est en posant la question du lien que l’on peut faire entre associations, en réfléchissant à la constitution d’une charte avec des termes sur lesquels on serait d’accord afin de matérialiser les valeurs sur lesquelles on a envie de travailler ensemble. Il faut s’engager à activer ce réseau de plantes entre quartiers, et au niveau des quartiers. C’est quelque chose sur quoi on a commencé à réfléchir. Il a été évoqué l’idée de constituer un petit journal de bord ou comment valoriser la matière, les informations, les connaissances produites, énoncées. Ce serait un petit journal qui permettrait de dire ce qu’on fait sur l’ensemble des jardins. L’objet de la séance aujourd’hui est de voir si il y des d’autres idées auxquelles nous n’avons pas pensées pour activer ces connexions, ces liens.

SN : La charte me parait être fondamentale. Nous avons mis en place des pratiques. Ce lieu aura vocation à être un jardin partagé, des gens sont venus avec des pratiques qui ne sont pas les nôtres, et nous aimerions qu’il y ait un consensus ou au moins discuter de ce qu’on peut faire, ne doit surtout pas faire, etc.

GR: Sur ces questions, lors des mardis de la semeuse, nous en avons parlé. C’est un espace de discussions et d’échange de certaines pratiques au niveau du sol (entre autre). Dès janvier, ces mardis permettrons d’inviter une personne, une association qui proposera un thème de discussion.

Par ailleurs avec La Semeuse nous animons des ateliers pour des lycéens du Corbusier. Nous avons commencé à créer un blog avec eux. Vous pourrez retrouver les comptes-rendus des discussions du mardi de La Semeuse sur ce blog. C’est un outil qui servira à alimenter avec des contributions, centraliser des informations et des expériences. Par exemple le projet à la maladrerie, qui pourra faire partie d’un ensemble de propositions, de réflexions sur un espace. Nous proposons que ce blog serve de lieu ressource.

VL : peux tu dire ce que tu fais au sein du lycée?

GR: On organise des séances mensuelles avec un professeur d’histoire-géo, qui s’interesse aux aspects environnementaux, les questions des migrations de plantes à l’echelle mondiale. Ces séances regroupent plusieurs classes de premiere et terminale, élèves qui se sont inscrits à cet atelier. On a commecé à explorer l’espace urbain de proximité, les espaces vivants autour du lycée. Nous avons fait un tour à la maladrerie nous sommes montés chez des habitants. Les lycéens se posaient plein de questions sur ce qu’ils allaient faire à « la mala ». Une terrasse au dernier étage: «mais c’est un jardin!», « on a l’impression d’être à la campagne ». Nous sommes aussi alles aux jardins des vertus. Ils connaissent ces espaces, pres de l’arrêt de bus, mais ils ne savent pas ce qu’il y a derriere la cloture. Nous avons rencontré des jardiniers du jardin des vertus et les avons interrogés sur leur pratiques. Nous sommes allés jusqu’ aux pieds des douves. Nous y avons vu des chauves souris. C’est un espace d’abri de la biodiversité en ville. Nous prévoyons de faire d’autres séance « plus terre à terre » sur la diversité des legumes: si ceci est une fleur, une tige, une racine, etc/. Nous sommes allés acheter des légumes dans des boutiques d’alimentation exotique et les avons plantés ici (gingembre, des ignames , patates douces…).

Il y aura des rencontres avec des jardiniers, je ferais un appel (fevrier, mars), par petits groupes de lycéens: un jardinier presentera son espace, ses pratiques. Ils feront un travail de montage video sur des portraits de jardiniers albertvilllariens. Nous avons des séances toute l’année. Quand le jardin prendra place sur la dalle ils jardineront dans les bigs bags, nous avons prévu de faire des ateliers avec l’association Auberfabrik, où ils apprendront comment valoriser les plantes par exemple. A la fin d l’année, il y aura séance culinaire avec fabrication de beignets de fleurs d’acacias. Il existe une friche, à Aubervilliers où il y a des acacias en fleurs. (GR montre sur google map la friche en question qui se situe rue Gaston Carré). Des rosiers sauvages, pêchers ont poussé « tout seuls » (des gens y ont sûrement jeté des noyaux de peche…).

Sylvie Napolitano: Il y dans la ville de très beaux espaces de végétation sauvage.

Je pense qu’il y a un gros travail à faire sur la charte, les valeurs autour desquelles on s’unit. Il faudrait peut-être soumettre un questionnaire aux jardiniers, associations, puis proposer les termes d’une charte?

Solange Bureau: vous vous engagez dans ce qu’on appele le jardinage bio ? vous êtes dans cet esprit là?

Sylvie Napolitano : oui car c’est le respect de la biodiversité.

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