L’hôpital traditionnel de Keur Massar dans la banlieue de Dakar / Soigner par les plantes 

Projet de recherche : Soigner par les plantes de Dakar à Aubervilliers

Dakar est une ville qui s’étend de plus en plus. La construction de nouveau immeubles, l’urbanisation massive font disparaître les arbres et les plantes de la ville. Cette métropole est selon l’OMS une des villes les plus polluées du monde. Toutefois, il n’est pas rare de trouver dans la rue des échoppes de plantes médicinales dans lesquelles s’accumulent des feuilles séchées en tout genre, écorces, racines, brindilles, morceaux de bois, graines, sachets de poudre mystérieux, côtoyant des peaux et cornes d’animaux ou de gros coquillages… Les gens s’automédicamentent ou vont voir des guérisseurs herboristes qui prescrivent tisanes, décoctions, macérations… Cueillies à certaines heures afin de préserver leurs qualités, préparées selon certains préceptes et recettes transmis de génération en génération notamment dans les campagnes, par des savoirs herbologiques issus des rites d’initiation et de l’ethno-botanie, les plantes continuent de soigner aussi couramment. Garab en Wolof à deux significations : arbre et médicament.

 

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Récolte des plantes pour la réalisation du protocole d’accueil (fumigation : protocole de localisation du mal par pénétration, composé de feuille de Niaouli, écorce de Moringa et de la poudre de Fouf). Les plantes et les écorces doivent être récoltés le matin même.

 

L’hôpital traditionnel de la commune de Keur Massar, dans la grande banlieue de Dakar, existe depuis la fin des années 70. Il a été créé par le professeur Yvette Parès et son équipe du Centre de Recherches Biologiques sur la Lèpre (CRBL). En 1980 l’hôpital commence le recrutement de tradipraticien.e.s et ouvre un espace d’accueil et d’hébergement pour les lépreux. En 1995 c’est la création d’un laboratoire de production de médicaments sur le site, cela permet l’élargissement de la gamme de produit et l’ouverture d’une pharmacie. En 2005 c’est la création du jardin botanique de plantes médicinales afin de favoriser les recherches et les échanges entre tradipraticien.ne.s. Enfin en 2011 grâce à la mise en place des protocoles thérapeutiques l’hôpital Keur Massar peut complètement assurer la production des traitements. Dans un souci de transmission et de partage en 2017, il ouvre un gite d’accueil et met en place des formations pour toutes personnes intéressées, au Sénégal comme à l’international.

 

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Espace de séchage en intérieur, certaine plantes doivent sécher en intérieur pour ne pas perdre leur arômes. (comme par exemple, l’écorce et feuille de baobab ou encore feuille d’eucalyptus)

 

Aujourd’hui à cause de la pression immobilière cet établissement privé est en danger. Alors qu’il abritait sept hectares de forêt, il ne reste qu’un hectare et demi. Cette forêt est le premier outil de travail des tradi praticien.ne.s car c’est avec ces plantes récoltées qu’ils et elles réalisent leurs remèdes. La disparition de cette forêt entrainerait la disparition des pratiques qu’elle engendre.

 

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Laboratoire de l’hôpital, où sont gardés les extraits, les poudres et certaines plantes séchées

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