Archives d’Auteur: Ariane Leblanc

Soil Affinities / Affinités des Sols Uriel Orlow

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En résidence aux Laboratoires d’Aubervilliers depuis avril 2017, Uriel Orlow y déploie une recherche qui poursuit son exploration des croisements entre histoire (post-)coloniale et celle des espèces végétales avec des territoires spécifiques. Affinités des sols remonte le fil du passé maraîcher d’Aubervilliers avant que celui-ci ne cède le terrain à la révolution industrielle et que les pays européens, y compris la France, ne développent une agriculture coloniale en Afrique, dont les traces sont aujourd’hui encore présentes. L’exposition Affinités des sols retrace ces lignes et réseaux de connexions terrestres entre plantes et humains, via différentes géographies et temporalités à travers la vidéo, la photographie et divers documents rassemblés en France, au Sénégal et au Mali au cours de l’année écoulée. L’exposition est conçue comme présentant ces matériaux dans leur état de germination, de manière horizontale, non linéaire, permettant de s’exprimer et de se croiser mutuellement. Elle invite à une réflexion sur les agencements structurels et les processus subjectifs produits par les déplacements des plantes dans les contextes coloniaux, post-coloniaux et post-industriels. L’exposition présentée du jeudi 11 octobre au samedi 8 décembre 2018 est ponctuée de projections de films et d’ateliers conçus en lien avec La Semeuse, plateforme de recherche en biodiversité urbaine portée par Les Laboratoires.

http://www.leslaboratoires.org/article/affinites-des-sols-exposition/affinites-des-sols-soil-affinities

Nos ateliers seront postés ici bientôt !

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Espace public : entre appropriation et instrumentalisation Qu’est ce que construire un espace démocratique?

RENCONTRE DU 6 FÉVRIER 2018 À 19H AUX LABORATOIRES D’AUBERVILLIERS

41 rue Lécuyer 93300 Aubervilliers

Flambant neuve et en pleine appropriation, elle est vantée par les divers offices de tourisme parisiens comme un triomphe des piétons sur la circulation automobile, comme un lieu dédié à la promenade, à la festivité, qui fleure bon la citoyenneté et prône l’usage partagé de l’espace public… L’histoire de la place de la République, plein en vérité de paradoxes et ayant entrainé de nombreuses polémiques, témoigne de la complexité du tissu urbain.

Sa taille monumentale est héritée du Baron Haussmann, perçant la ville pour lui fournir une immense caserne devant accueillir 3200 militaires, permettant d’implanter de grands magasins, de raser les théâtres populaires et de contrôler les faubourgs.

La statue aujourd’hui centrale célèbre une République triomphante, portant haut des valeurs, qui ne sont visiblement ni vraiment celles de la tentative de restauration de la monarchie, ni celles de la Commune de Paris ayant précédé son implantation.

Aujourd’hui dédiée aux piétons, l’organisation de cette place a posé question, certains voyant un héritage d’Haussmann dans un usage à double tranchant – la promenade canalisée par les grandes chaînes commerciales qui la bordent, les rassemblements en même temps que la facilitation des nasses par la police.

Place de la République, symboliques et valeurs sautent aux yeux. Sont-elles représentées par cette Marianne géante et sa branche d’olivier ? Sont-elles issues de la planification spatiale pour une lisibilité des espaces pour les forces de l’ordre? Encouragent t-elles la consommation et la croissance économique? Ou encore, dans l’espace laissé à l’interprétation de celles et ceux qui se l’approprient?

Ces questions concernent plus largement le Grand Paris, et ses dynamiques d’attractivité territoriale.

En compagnie pour un soirée d’une philosophe, d’un architecte et d’un enquêteur, nous nous demanderons ce qu’est concevoir un espace public dans le cadre du Grand Paris : quels sont les interlocuteurs? comment le processus se déroule-t-il ? Puisque nous parlons de République, une pensée démocratique peut-elle s’intensifier par l’urbanisme et l’architecture ? Les initiatives des habitants sont-elles et peuvent-elles être prises en compte ? D’ailleurs, le terme d”espace” est-il le plus pertinent pour parler de ce que l’on pourrait espérer devenir un lieu ?

 

Les intervenants :

Joëlle Zask est philosophe spécialiste en philosophie politique, maître de conférence HDR à l’Université de Provence.

Ses recherches portent sur l’art dans les lieux publics, la démocratie, la culture et la notion de participation. Elle est auteure notamment de Participer : Essai sur les formes démocratiques de la participation, ainsi que La démocratie aux champs, traitant des systèmes d’autogestion et des politiques démocratiques développés par les cultivateurs de la terre, des paysans aux jardiniers urbains.

Antoine Viger-Kohler, architecte et urbaniste associé à l’agence TVK, travaillant les questions de complexité et de paradoxes dans les villes contemporaines, recherches bien illustrées par la nouvelle place de la République, qu’ils ont conçue. L’agence a également récemment remporté la consultation internationale du Grand Paris : Réinventons la métropole pour les sites du Campus de Cachan et de Terrains Leclaire à Clichy sous Bois.

Xavier Dousson est architecte DPLG, docteur en Histoire de l’Art, chercheur au LACTH, et enseignant à l’École nationale d’architecture et de paysage de Lille. Il est membre de Bazar Urbain, collectif pluridisciplinaire (urbanisme, architecture, sociologie) menant des enquêtes pour mettre en question acteurs, usages, contextes et processus en amont de projets d’aménagements. Avec La Place de la République en Marches, ils ont invité les divers acteurs de la place de la République à leur raconter, lors de marches, leurs usages, leurs habitudes, leurs questions. Ce travail a servi de base de réflexion à l’agence TVK.

La Semeuse :

La Semeuse est une plateforme d’échanges et d’expérimentations autour des questions environnementales, de développement durable et des savoir-faire. Des rencontres régulières sont organisées autour de la grainothèque, des plantes, mais aussi des connaissances de chacun. Véritable réseau de coopération, La Semeuse développe sur un temps long des dynamiques partenariales entre des acteurs du champ environnemental, social et culturel et favoriser ainsi un dialogue et un partage d’expériences.

Pour l’année 2017/2018 La Semeuse développe sa programmation autour de la notion d’interstice”, qui propose une porosité entre les différents types d’espaces urbains et ouvre aux possibilités de réappropriations subjectives.

La Découverte du jardin Jet D’eau de Dakar par l’association Kër Thiossane

La Semeuse s’est envolé pour Dakar est à découvert la Sculpture vivante du Jardin Jet d’eau de l’artiste Emmanuel Louisgrand.

Le projet est pensé comme un jardin de résistance en réaction à la dégradation de l’espace urbain, ce jardin est une oeuvre d’art. Il à été inauguré en 2014.

Aujourd’hui, le jardin a pris forme et est majestueux avec en son centre sa folie, un dôme recouvert de fleurs destiné à accueillir le public. Entre nebedays et arbres fruitiers, les semis changent au fil des saisons mélangeant malicieusement espèces légumières, plantes aromatiques et fleurs. Les oiseaux et les insectes reviennent s’y installent. Les enfants y jouent les habitants viennent y chercher aromates ou condiments.

Telle un sculpture vivante, cet îlot végétal offert à tous, support à de multiples projets (ateliers, rencontres publique, concerts expositions…).

Le lieu à l’initiative de ce projet est l’association Kër Thiossane, qui est un lieu de recherche, de résidence, de création et de formation, Kër Thiossane encourage l’intégration du multimédia dans les pratiques artistiques et créatives traditionnelles et cherche à soutenir le croisement des disciplines.