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La fierté

 

Notre petite courge est devenue grande et c’est avec émotion et fierté que nous constatons ses 6 kilos !

COURGE

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Espace public : entre appropriation et instrumentalisation Qu’est ce que construire un espace démocratique?

RENCONTRE DU 6 FÉVRIER 2018 À 19H AUX LABORATOIRES D’AUBERVILLIERS

41 rue Lécuyer 93300 Aubervilliers

Flambant neuve et en pleine appropriation, elle est vantée par les divers offices de tourisme parisiens comme un triomphe des piétons sur la circulation automobile, comme un lieu dédié à la promenade, à la festivité, qui fleure bon la citoyenneté et prône l’usage partagé de l’espace public… L’histoire de la place de la République, plein en vérité de paradoxes et ayant entrainé de nombreuses polémiques, témoigne de la complexité du tissu urbain.

Sa taille monumentale est héritée du Baron Haussmann, perçant la ville pour lui fournir une immense caserne devant accueillir 3200 militaires, permettant d’implanter de grands magasins, de raser les théâtres populaires et de contrôler les faubourgs.

La statue aujourd’hui centrale célèbre une République triomphante, portant haut des valeurs, qui ne sont visiblement ni vraiment celles de la tentative de restauration de la monarchie, ni celles de la Commune de Paris ayant précédé son implantation.

Aujourd’hui dédiée aux piétons, l’organisation de cette place a posé question, certains voyant un héritage d’Haussmann dans un usage à double tranchant – la promenade canalisée par les grandes chaînes commerciales qui la bordent, les rassemblements en même temps que la facilitation des nasses par la police.

Place de la République, symboliques et valeurs sautent aux yeux. Sont-elles représentées par cette Marianne géante et sa branche d’olivier ? Sont-elles issues de la planification spatiale pour une lisibilité des espaces pour les forces de l’ordre? Encouragent t-elles la consommation et la croissance économique? Ou encore, dans l’espace laissé à l’interprétation de celles et ceux qui se l’approprient?

Ces questions concernent plus largement le Grand Paris, et ses dynamiques d’attractivité territoriale.

En compagnie pour un soirée d’une philosophe, d’un architecte et d’un enquêteur, nous nous demanderons ce qu’est concevoir un espace public dans le cadre du Grand Paris : quels sont les interlocuteurs? comment le processus se déroule-t-il ? Puisque nous parlons de République, une pensée démocratique peut-elle s’intensifier par l’urbanisme et l’architecture ? Les initiatives des habitants sont-elles et peuvent-elles être prises en compte ? D’ailleurs, le terme d”espace” est-il le plus pertinent pour parler de ce que l’on pourrait espérer devenir un lieu ?

 

Les intervenants :

Joëlle Zask est philosophe spécialiste en philosophie politique, maître de conférence HDR à l’Université de Provence.

Ses recherches portent sur l’art dans les lieux publics, la démocratie, la culture et la notion de participation. Elle est auteure notamment de Participer : Essai sur les formes démocratiques de la participation, ainsi que La démocratie aux champs, traitant des systèmes d’autogestion et des politiques démocratiques développés par les cultivateurs de la terre, des paysans aux jardiniers urbains.

Antoine Viger-Kohler, architecte et urbaniste associé à l’agence TVK, travaillant les questions de complexité et de paradoxes dans les villes contemporaines, recherches bien illustrées par la nouvelle place de la République, qu’ils ont conçue. L’agence a également récemment remporté la consultation internationale du Grand Paris : Réinventons la métropole pour les sites du Campus de Cachan et de Terrains Leclaire à Clichy sous Bois.

Xavier Dousson est architecte DPLG, docteur en Histoire de l’Art, chercheur au LACTH, et enseignant à l’École nationale d’architecture et de paysage de Lille. Il est membre de Bazar Urbain, collectif pluridisciplinaire (urbanisme, architecture, sociologie) menant des enquêtes pour mettre en question acteurs, usages, contextes et processus en amont de projets d’aménagements. Avec La Place de la République en Marches, ils ont invité les divers acteurs de la place de la République à leur raconter, lors de marches, leurs usages, leurs habitudes, leurs questions. Ce travail a servi de base de réflexion à l’agence TVK.

La Semeuse :

La Semeuse est une plateforme d’échanges et d’expérimentations autour des questions environnementales, de développement durable et des savoir-faire. Des rencontres régulières sont organisées autour de la grainothèque, des plantes, mais aussi des connaissances de chacun. Véritable réseau de coopération, La Semeuse développe sur un temps long des dynamiques partenariales entre des acteurs du champ environnemental, social et culturel et favoriser ainsi un dialogue et un partage d’expériences.

Pour l’année 2017/2018 La Semeuse développe sa programmation autour de la notion d’interstice”, qui propose une porosité entre les différents types d’espaces urbains et ouvre aux possibilités de réappropriations subjectives.

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Diversité de la macrofaune des sols.
Agnès Stienne, 2017.

Le 21 novembre dernier se tenait la journée d’étude consacrée à la rétrospective Jacques Bertin à l’EHESS.

Carthographe et père de la sémiologie graphique, ses recherches portent sur la représentation graphique (carte, diagrammes…) des données générées par les sciences sociales.

Une pratique autant scientifique qu’artiste, puisque rendre des données visibles, c’est les organiser : repérer les masses, les courbes, les évolutions, savoir traiter des couleurs et de la composition pour rendre intelligible des phénomènes multifactoriels.
Ce travail sensible des données était la spécifitié de Jacques Bertin qui travaillait, entre autres, avec un globe transparent quadrillé dont il pouvait ainsi projeter la trame selon sa volonté pour présenter des relations sous les projections les plus appropriées.

Nombreux sont les intervenants qui auront souligné l’importance politique de ces modes de visualisations. Philippe Rivière journaliste et cartographe évoque le cas de William Bunge, réfugié au Canada pendant la guerre froide, s’efforcant de faire comprendre aux Canadiens que l’URSS n’est pas seulement à l’est, mais aussi et surtout au nord : le chemin le plus court qu’emprunterait une bombe nucléaire ne traverserait pas proprement l’Atlantique en ligne droite mais survolerait le Canada, et le mettrait donc également en danger.

Mark Lombardi, présenté par Laurent Jeanpierre, inquiéta par son travail mêlant art et investigation un certain M.Bush et de son éponyme successeur. Sur ses diagrammes immenses, ses recherches sur les intérêts industriels, financiers et politiques mettent en relief des amitiés et collaborations inattendues, ayant jusqu’à justifier une intervention du FBI dans un musée où l’artiste était exposé.

Question nous intéressant particulièrement ici, Agnès Stienne, cartographe, travaille à rendre lisible des questions sur les sols : leur composition, leur traitement, leurs propriétaires. Ses cartes, que nous vous invitons à consulter permettent de comprendre à échelle mondiale les dynamiques qui les font évoluer : https://visionscarto.net/ces-si-extra-ordinaires.

Le site https://visionscarto.net/ publie par ailleurs articles et travaux de visualisation et cartographie passionants, dont ceux d’Agnès Stienne et Philippe Rivière cités ici.