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Les sans-papiers ou le retour du refoulé colonial

échassier

Les sans-papiers d’Aubervilliers c’est une vieille histoire qui dure depuis l’automne dernier. Six mois que ces quarante quatre originaires de Côte d’Ivoire pour la plupart, tentent de se faire entendre. Demandeurs d’asile, la situation est bloquée et des intimidations se multiplient. Parcours classique : la Libye, l’Italie, La France.

Après s’être installés avec leurs valises sur la place de la mairie, sans véritable dialogue, avoir été hébergés par le Théâtre La Commune pendant quinze jours, ils occupent actuellement un espace provisoire d’où les promoteurs comptent bien les expulser par tous les moyens. Si l’explosion urbaine d’Aubervilliers conduit les politiques de la ville à privilégier l’urbanisme, au lien social et humain, laissant les Bouygues et consorts raser les traces de l’histoire de la ville, on est en droit de se demander à la lumière de ce refus de prendre en compte une question éminemment politique, si les responsables politiques de la ville ont une réelle autonomie quant au lien social qu’ils affirment défendre.

« Trop symbolique pour s’effacer des mémoires, l’évacuation des sans-papiers de l’église Saint-Bernard, à Paris le 23 août 1996, a aussi été l’acte fondateur d’un mouvement qui, depuis, a pris son autonomie. Car en deux décennies, la lutte des sans-papiers a largement changé de forme.

Adieu les occupations d’églises. « Aujourd’hui, le rapport de force se joue sur le lieu de travail. Cela a commencé en 2008 et cela s’étend depuis », explique Marilyne Poulain, en charge des questions d’immigration à la CGT Paris. Son syndicat a appuyé en juin les salariés du restaurant Casa Luca à Paris, occupé à la suite du licenciement d’un de ses deux plongeurs. Après cinq ans d’ancienneté, il avait eu le tort de solliciter de sa direction le certificat nécessaire à l’obtention de son titre de séjour. Tous les patrons n’acceptent pas de payer la taxe de régularisation, ni même de faire la démarche. » peut-on lire dans le journal Le Monde1.

A Aubervilliers, ils sont loin d’avoir tous du travail. Sans papiers signifie sans travail.Ibrahim est arrivé en France avec pour s’en sortir son art . Il est « mage » échassier. Il se démène pour exister à travers son savoir-faire. Il cherche à s ‘élever au-dessus des affres de ce monde.

Aboubakar faisait de la philosophie en Côte d’Ivoire. A Paris 8 on n’a rien voulu entendre.

Un sans papier est condamné à l’invisibilité.
 Mamadou croit au pouvoir du temps, lui qui a pris le bateau et a vu des proches périr pendant la traversée en mer.

Le refoulé de la colonisation

Ces multiples départs pour la France ne sont pas insignifiants. Mamadou raconte qu’en Italie il ne comprenait rien. Le français en revanche, il connaît bien. Propos tout à fait convaincants dans la mesure où la Côte d’Ivoire fut une colonie française. On ne retire pas du jour au lendemain les rapports de colonisé à colonisateur. Franz Fanon écrivit Les Damnés de la terre en 1961. il y montre la puissance et la symbolique de la division des espaces, division que l’on retrouve dans l’occupation des « squats » par les sans-papiers :

La zone habitée par les colonisés n’est pas complémentaire de la zone habitée par les colons. Ces deux zones s’opposent, mais non au service d’une unité supérieure. Régies par une logique purement aristotélicienne, elles obéissent au principe d’exclusion réciproque : il n’y a pas de conciliation possible, l’un des termes est de trop. La ville du colon est une ville en dur, toute de pierre et de fer. C’est une ville illuminée, asphaltée, où les poubelles regorgent toujours de restes inconnus, jamais vus, même pas rêvés. Les pieds du colon ne sont jamais aperçus, sauf peut- être dans la mer, mais on n’est jamais assez proche d’eux. Des pieds protégés par des chaussures solides alors que les rues de leur ville sont nettes, lisses, sans trous, sans cailloux. La ville du colon est une ville repue, paresseuse, son ventre est plein de bonnes choses à l’état permanent. La ville du colon est une ville de blancs, d’étrangers. La ville du colonisé, ou du moins la ville indigène, le village nègre, la médina, la réserve est un lieu mal famé, peuplé d’hommes mal famés. On y naît n’importe où, n’importe comment. On y meurt n’importe où, de n’importe quoi. C’est un monde sans intervalles, les hommes y sont les uns sur les autres, les cases les unes sur les autres. La ville du colonisé est une ville affamée, affamée de pain, de viande, de chaussures, de charbon, de lumière. La ville du colonisé est une ville accroupie, une ville à genoux, une ville vautrée. C’est une ville de nègres, une ville de bicots. Le regard que le colonisé jette sur la ville du colon est un regard de luxure, un regard d’envie. Rêves de possession. Tous les modes de possession : s’asseoir à la table du colon, coucher dans le lit du colon, avec sa femme si possible. Le colonisé est un envieux. Le colon ne l’ignore pas qui, surprenant son regard à la dérive, constate amèrement mais toujours sur le qui-vive : « Ils veulent prendre notre place. » C’est vrai, il n’y a pas un colonisé qui ne rêve au moins une fois par jour de s’installer à la place du colon.2

Il y a déplacement du lieu dans ce jeu de retour à la colonisation… mais le colon est toujours le même. Le colonisé aussi. Si cette distinction se marque spatialement, elle attend une assimilation dans l’impératif de maîtriser la langue du pays d’arrivée. A l’exilé, on impose des racines dans le non lieu de l’intégration. Les sans-papiers rencontrés ce jour-là étaient regroupés autour d’un arbre dont les racines sortaient du sol. C’ était comme si l’arbre montrait la fragilité de l’homme attaché à ses racines.

L’exil c’est la révélation finalement de la fragilité de cette volonté de s’attacher à un sol. Enée portait sa patrie sur le dos, son propre père, ne la déposant que dans un acte de fatigue, et de violence vis à vis de ce sol qui n’était à personne, jusqu’à ce qu’il s’en empare et s’y installe.

Toute colonisation garde ainsi en mémoire l’acte violent initial. Les sans-papiers sont des hommes qui rappellent à la mémoire ce refoulé occidental.

Danse, transe, rire.

Il y avait beaucoup de musique aux sonorités diverses, associant la tradition à la modernité. Le rythme des corps se soumettait aux percussions, dans un va et vient proche de la transe mystique et de la sexualité, elle aussi refoulée. Et tout le monde riait – ou presque, certains ayant le regard songeur, imperméable. On partageait un repas, à base de fruits, de légumes..d’épices, dans cet inconscient retour à l’imaginaire frugal africain. Ce rire on pourrait le qualifier d’échappatoire au sanglot de l’homme noir.3

De la danse au rire planait cette ambiguïté de l’esprit colonial renforçant la division spatiale. Ibrahim avait bien compris. Dansant du haut de ses échasses, il attendait le billet qui justifierait de montrer son courage, par une pirouette. Cela n’eut pas lieu. Ils n’y connaissent rien confia-t-il. Lui avait compris le poids de l’argent pour sortir de cette condition. Il se mit un chapeau et sortit de cet espace qu’il n’aimait pas. Il rêvait d’être artiste. Peut-être parce que l’art de l’échassier est de surplomber le sol et les racines.

Maryse Emel

3Humoresques 2013, Rires africains et afropéens. Voir l’article de Violaine Houdart Mérot « Alain Mabanckou ou le rire comme refus du sanglot de l’homme noir. »

Conférence du 27 avril 2016: Friches, une expérience communale

friches affiche

Dans le cadre du séminaire Pratiques de soin et collectifs
Sur une proposition de Josep Rafanell i Orra

Deuxième saison
« Friches: une expérience communale »  –

Avec :

Olivier Pousset, documentaliste et habitant d’Aubervilliers.

Léonard N’guyen Van Thé et Henri Taïb, fondateurs de l’Ecole Spéciale des Espaces Libres, artistes et jardiniers sur la Petite Ceinture.

 

Dans la métropole, sous sa gouvernance territoriale et sa logique de valorisation spatiale, la friche est un espace interstitiel, une percée, une interruption des flux : les choses n’y circulent plus comme elles le devraient.

Dans ces espaces-là, d’autres modes de vies, d’autres problématiques se formulent : ce que Josep appelle des affirmations de régimes d’existences.

Régimes d’existences qui, de lieux gênants pour les pouvoirs publics sont en passe de devenir une manne économique au service de la gentrification, comme le sont par exemple  le collectif d’artistes Wonder à Bagnolet, s’occupant du gardiennage de l’immeuble de façon bien plus rentable et valorisante que ne le feraient les vigiles et leurs matraques, et largement moins problématique que le collectif précédent, Baras, organisation de sans-papiers principalement d’origine malienne.

S’installer sur une friche c’est cohabiter : avec autrui, avec ses flux à elle, légaux ou non, avec les plantes, les bêtes qui y rôdent.

Pour en parler : Olivier, initiateur du Festival International des 4 Chemins occupant une friche à Pantin, Léonard et Henri, respectivement jardinier et poly-artiste à l’origine d’une re-végétalisation d’une partie de la Petite Ceinture avec leur association l’ESEL

 

Henri est lié à l’histoire de la Flèche d’Or pré-hype : louant, étudiant, de façon collective une maison rue Florian donnant sur la petite Ceinture, il la quitte en 97 et y revient des années plus tard, cette fois en décidant de s’attaquer au jardin, celui-ci lui fournissant une deuxième lecture de cet espace.

Riche deuxième lecture, puisque rencontrant Léonard au hasard de cueillettes de plantes sauvages dans les cimetières et de cartes postales sur semelles de chaussures, il s’intéresse au patrimoine architectural, mais surtout végétal du lieu.
La butte dans laquelle est creusée le tunnel adjacent est une butte d’argile, donc inconstructible. Aujourd’hui un cimetière, c’était autrefois un vignoble renommé, fournissant le vin de messe sous Napoléon.
Les découvertes ne s’arrêtent pas là, puisque sur d’anciennes cartes, Léonard et lui notent la présence du château de Charonne et de son jardin aromatique, cité dans les promenades de Jean-Jacques Rousseau.
Tout un patrimoine dont les voies ferrées de la Petite Ceinture ont accéléré la ruine. Encore aujourd’hui les acolytes trouvent des pierres anciennes en jardinant : viennent-elles de puits ? de fermes ? de l’ancien château ? Dans sa maison qui s’avère être la plus ancienne du quartier, caché derrière son quai jardiné, Henri garde précieusement les secrets de la rue Florian.

Située au degré 0 entre la tranchée du tunnel et la pente douce à l’opposée, sa maison attire les convoitises pour d’autres projets.
Outre le Mama-Shelter à quelques pas, “l’hôtel pour stars” et avant-poste de la gentrification dans le quartier, la Petite Ceinture intéresse les projets municipaux de “revalorisation” de cet espaces….quitte à écraser les initiatives des habitants.

Il aura pourtant fallu six années de travail bénévole, d’observation, de plantations, de recréation des sols pour obtenir ce résultat. Ce que Léonard appelait durant la première année de jardinage le  “Jardin du Chômage” créé sans argent mais avec motivation est devenu un lieu de rencontre chéri par le voisinage.

Voie ferrée aux entrées confidentielles, la Petite Ceinture est un espace connu de tous, interdit de fréquentation mais utilisés par tous ceux qui souhaitent sortir de l’espace public officiel, que ce soit par curiosité ou problème de légalité.
S’y croisent en effet, meutes d’enfants à capuches,  jeux de rôles costumés géants, joggers undergrounds et autres barbecues sauvages…
Outre le jardin Henri et Léo mettent à disposition des voisins une réserve de broyat.
Un service beaucoup moins anodin qu’il n’y parait, puisque l’ami élagueur devrait autrement payer une centaine d’euros pour déposer ce broyat à la déchetterie, revendu ensuite par Veolia pour également une centaine d’euros aux personnes en ayant besoin, dont les possesseurs de composteurs : si l’objet est fourni par la mairie, le broyat nécessaire à son fonctionnement est à la charge des usagers, et ne se trouve pas facilement. Court-circuitage d’un système peu pratique, substitut de service public : c’est dans tous les cas un geste qui aide gratuitement trois niveaux de soin de l’environnement : l’élagueur professionnel pour son dépot de “déchets”, les jardiniers qui s’en servent dans une logique de bio-augmentation et les habitants pour leur compost.
Une organisation qui vient légitimer leur présence et leurs actions sur le territoire occupé de la petite ceinture.

Par ailleurs, ils préfèrent garder une logique assez informelle : le projet d’Henri partait dde l’Ostium ou de l’idée de réintroduire de la parole dans cet espace autrefois débroussaillé radicalement, et où les gens s’esquivaient plutôt que de se parler.
Le jardin et la présence régulière des deux principaux instigateurs permet de rendre ce lieu moins hostile : les passants ralentissent, s’arrêtent, apprécient les fleurs, se demandent ce qui pousse, posent des questions.
La végétation, la culture de cette friche tend à rendre ses usages moins hostiles, moins dangereux, puisque plus conviviale.
La zone était classée en zone de priorité pour la sécurité, avec passage de Manuel Valls et déclarations officielles : le jardin a permis à la fois d’apaiser cette situation, et de donner un lieu de réunion informelles, où les voisins se réunissaient pour se mobiliser contre les agressions.
Ainsi, il ne s’agit pas de définir par schéma tous les usages de la peite Ceinture, comme le font les chargés de projet de la Mairie, ce qui aurait tendance à clore et lisser les initiatives prises pour occuper ce lieu, mais plutôt de proposer un espace fertile aoù plantes et activités humaines prolifèrent paisiblement.

Quelques rues plus loin, la Recyclerie propose une autre vision de la Petite Ceinture qui joue de l’aspect squat-alternatif-associatif-underground que plusieurs associations y ont déjà développé.
En apparence un lieu associatif autour du recyclage et de la culture biologique, c’est un exemple typique de montage de société néo-libérale, gérée par deux boites de productions et un restaurant en sous-traitance qui contrairement à la communication qui en donne l’air, n’a rien ni de bio ni même de local.
L’association à l’entrée sert de pare-feu pour crédibiliser le lieu et sa communication.
Un jeu d’apparence utilisé par les “barons de la nuit parisienne” pour qui il est finalement bien plus simple de créer des lieux éphémères et alternatifs pour payer moins de charges, traiter moins de bails pour proposer des événements.

Menacé d’expulsion, la maison d’Henri et son jardin pourraient être privatisés par des sociétés événementielles du même type.

LA FRICHE MAGENTA

 

La Friche Magenta se situe à quelques pas de la Villette.
Olivier l’avait connue cernée de palissades métalliques, jusqu’à ce qu’un atelier d’auto-réparation de vélo, la Cyclofficine s’installe dans la boutique attenante à la friche.
Moyen de transport économique et écologique, l’atelier attire autant les bobos que Rroms et les habitants du foyer d’accueil de primo-arrivants d’en face.
Personne n’étant technicien professionnel, tout le monde s’essaie à la réparation, les conseils et les outils tournent.

Pour Olivier, le fait de côtoyer tout ce petit monde réuni à l’atelier change son rapport au quartier : comme ils se croisent, se posent des questions, ils se disent désormais bonjour dans la rue, prennent parfois le temps de discuter…
L’atelier attirant son monde, la suite logique fut d’occuper la friche, chose que la mairie accepta rapidement, puisqu’étant dans une politique de valorisation de ces espaces délaissés.

Pour le quartier considéré comme disqualifié, l’ouverture de la friche constitue un embellissement pour très peu de frais : au lieu de la palissade métallique opaque, on y installe, non sans avoir un peu bataillé avec la mairie des poteaux en bois et quelques bacs de culture.
Les habitués de l’ateliers et les intéressés s’organisent pour désherber, retailler : un parquet en palette est installé après un terrassement, quelques budléjas, arbres aux papillons sont gardés. S’organise alors de façon atypique divers événements : un groupe de musique congolaise se forme dans le quartier, on construit une scène dans la friche pour organiser des concerts. Par la suite, un weekend Panafricain prend place, Sénégal le samedi, Congo le dimanche, avec concert et cuisine et tous les jours.

Les bacs sont cultivés pour tous, chacun étant libre de prendre quelques fruits ou légumes lorsqu’ils sont mûrs.

L’idée du festival international des chemins part quant à lui d’une blague : Olivier voulant tester les limites du conseil de quartier en démocratie participative, il bâcle un projet sur le bulletin municipal : le projet est finalement retenu.

Après un premier été effervescent avec une forte implication des voisins, quelques problèmes pointent à l’horizon : les habitués s’intéressent à d’autres projets, la friche, ouverte à tous devient un repère de saoulerie pour plusieurs groupes d’hommes.
Changeant tous les jours, il est difficile de communiquer, d’envisager quelque chose et l’accès de la friche devient problématique pour les femmes, se faisant régulièrement harceler.
Après quelques moments difficiles, les activités sur la Friche repartent, et Olivier entre dadns une phase d’institutionnalisation pour obtenir du financement de la part de la préfecture de Seine Saint Denis.

 

L’appropriation et l’usage dde ces espaes délaissés par les habitants une question vive puisque encoer récemment, le square “délaissé technique” donnant sur Paris devait être réquisitionné pour en faire un stock de logistique pour éviter aux camions diesel d’entrer dans la ville.
Cet espace avait déjà son fonctionnement, ses propres flux : squattés par des réfugiés de la révolution de Ben Ali, utilisé par les piétons et cyclistes comme porte d’entrée sur Pantin, raccourci végétalisé apprécié : le lieu n’a certainement pas des usages lisses ni totalement légaux mais ils ne sont pas nuisibles et surtout rendus nécessaires par des problèmes de plus grande ampleur.
Les habitants se mobilisent, obtiennent un article dans le Parisien et un vague compromis avec la ville de Paris pour minimiser les travaux.
On cite des cas similaires à Aubervilliers : des friches tranquilles servant de refuge pour dormir à des personnes en difficultés la nuit, grillagées “par prévention”.

Cette sur-prévention du risque que Léonard qualifie en riant de “post-situationniste”, se justifiant par des biais sécuritaire pour le bien de tous cache une politique subrepticement (ou non) autoritaire, encourageant la ségrégation spatiale et restreignant  la liberté d’usage de l’espace public.
Quand une habitante s’occupant d’une parcelle de jardin partagé depuis plusieurs dizaines d’années, jardin vivrier, représentant également une grande part de sa vie sociale, se voit expulsée pour cause d’un retard de deux jours sur son loyer et remplacée par un jeune couple souhaitant faire de ce jardin une pelouse pour leur enfant, Ariane se demande en quoi cela n’est pas une manoeuvre pour faciliter la réquisition de ces lieux de partage ?
Ces jardins ouvriers devant être remplacés par un écoquartier privé, il lui semble que priver de jeunes arrivants de leur pelouse provoquerait bien moins d’esclandres qu’une habitante attachée à son jardin, en ayant besoin pour vivre.
Petit à petit, les habitants et leurs besoins sont remplacés, réadaptés au bénéfice des projets du Grand Paris.

 

Alors qu’en est-il des projets portés par les habitants ? Ne pourrait-on pas réinventer des espaces communaux ?

Sur ce point, Léonard apporte de la précision. En milieu rural, les terrains communaux sont souvent des terres ingrates, des bois incultivables et des marécages : l’équivalent de friches rurales, terrains inutilisables, inexploitables selon des fonctions précisément définis.
Dans le sud de la France, il note l’existence des coudercs, terres sèches, pierreuses mises en commun et sur lesquelles sont construits des fours à pains, des accès à l’eau ou que tout le monde peut utiliser pour entreposer du matériel, des bêtes, des matériaux…
En somme le couderc était un lieu entre la friche, la jachère et la place publique.

 

Créer de nouvelles communalités, ne serait-ce pas reconnaître ces lieux pour la polyvalence de leurs usages et instaurer de nouveaux espaces de cuisine, d’entrepôt etc. comme cela est déjà le cas par défaut ?

Quand les droits communaux, comme celui d’affouage, d’aller collecter du bois, ou du glanage ont été abolis, il note que ces pratiques se réinventent naturellement sur la petite ceinture où les voisins viennent se servir, récolter, prélever…

 

 

L’article du Parisien à propos du Passage Forceval :
http://www.leparisien.fr/pantin-93500/pantin-reunion-sur-le-passage-forceval-30-05-2017-6999999.php

 

Les Glaneurs et la Glaneuse, film d’Agnès Varda (disponible sur youtube) https://www.youtube.com/watch?v=Pgea1AwgFaQ

 

Il fait chaud

Vraiment très chaud.

Il y a de la menthe au jardin.

Nos experts sont formels :

thé à la menthe

Il est temps de faire du thé à la menthe (glacé ou non selon votre appréciation).

Pour ce faire ils ont mis au point une recette sophistiquée en 2 étapes :

thé

Comme vous l’aurez compris, il faut avoir un thé et mettre de la menthe dedans.
Voilà.

élandry

Comme Elandry vous pouvez rajouter du citron (ici vert) et écraser votre menthe avec une cuillère pour en libérer le goût avec plus d’efficacité.

famille

Et l’apprécier en famille ou avec des amis à votre bon plaisir.

 

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Voilà. Aubervacances et la Semeuse vous souhaitent un merveilleux été très rafraichissant !