Il fait chaud

Vraiment très chaud.

Il y a de la menthe au jardin.

Nos experts sont formels :

thé à la menthe

Il est temps de faire du thé à la menthe (glacé ou non selon votre appréciation).

Pour ce faire ils ont mis au point une recette sophistiquée en 2 étapes :

thé

Comme vous l’aurez compris, il faut avoir un thé et mettre de la menthe dedans.
Voilà.

élandry

Comme Elandry vous pouvez rajouter du citron (ici vert) et écraser votre menthe avec une cuillère pour en libérer le goût avec plus d’efficacité.

famille

Et l’apprécier en famille ou avec des amis à votre bon plaisir.

 

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Voilà. Aubervacances et la Semeuse vous souhaitent un merveilleux été très rafraichissant !

Conférences de la Semeuse : Résiliences Urbaines.

 

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Conférence organisée dans le cadre de la GrainoFête par La Semeuse au café associatif Le Grand Bouillon à Aubervilliers.

Intervenants :

Guillain Roussel, paysagiste, co-fondateur de La Semeuse ou le devenir indigène et président de l’association les Poussières à Aubervilliers.

 Leonard N’guyen Van Thé, jardinier, membre militant du Guerilla Gardening, association de protection des jardins et plantes et co -fondateur de l’association l‘ESEL.

Henri Taïb, poly-artiste, jardinier, co-fondateur de l’association l’ESEL défendant une approche sociologique du territoire, dans une attitude de ménagement plutot que d’amnégament et développant cette approche sur l’espace de la petite ceinture parisienne.

Jardins et migrations.
Diversités végétales, diversités humaines.

En emménageant dans son nouvel appartement, Guillain Roussel découvre une véritable gamme végétale plantée dans la cour de l’immeuble : vigne, olivier, bananier, laurier-sauce et ce que sa propriétaire lui présente comme étant un « néflier d’Italie » . Après recherches il constate que le néflier d’Italie en tant qu’espèce n’existe pas : c’est un néflier du Japon, qui pousse, par contre, en effet, dans tout le bassin méditerranéen donc en Italie.
D’origine espagnole, la propriétaire de Guillain a reproduit un micro-paysage la rapprochant de son pays natal. Tous ces arbres, plantes font partie de son identité culturelle.
Ces mêmes nèfles, produites par le même arbre, apportées à un voisin lui rappellent, les larmes aux yeux, toute son enfance en Kabylie, autour de l’arbre planté dans la cour traditionnellement pour protéger le foyer.

Ces plantes se retrouvent dans les cours et jardins des villes au Nord-ouest de Paris, ramenées par les vagues de migrations par des personnes amenant leur traditions, leurs cultures et savoirs-faire en allers-retours entre leurs pays d’origine et celui d’adoption.
De quelle origine est finalement ce néflier : du Japon ? De la Kabylie ? D’Espagne ? D’Italie ?
L’origine est réinventée : il ne s’agit plus d’histoire botanique mais d’histoires personnelles, de cultures, d’affects, de voyages et souvenirs singuliers.

C’est dans ce cadre qu’aux coté de Marjetica Potrč, Guillain Roussel imagine La Semeuse comme une pépinière et une réserve de graine afin d’amener à dialoguer au travers du végétal les histoires, les cultures… la diversité végétale comme la diversité humaine.

Léonard et Henri travaillent eux aussi sur la question du végétal comme biais de dialogue et d’appropriation du territoire par le Guerilla Gardening. Lancé dans les années 70 à New York, le mouvement travaillait sur la réappropriation de friches, et ont contribué à créer les community garden de la ville.
Léo s’est lui lancé dans le mouvement en 2009 à Paris dans ce même but. Avec Henri, ils travaillent sur la création d’un potager sur la Petite Ceinture.

Une société hors-sol.
« Si ma grand-mère me voyait ! »

Selon Marx, les sociétés pré-capitalistes entretenaient avec leur environnement naturel un échange dit « métabolique » d’échange de matières par le biais de leur travail.
Les sociétés prélevaient de la matière, des ressources de leur environnement, et lui rendaient sous forme de matière organique.
A quel moment s’effectue la rupture que nous connaissons actuellement ?

Pour Léo, tout commence par la construction de la maison : dès lors qu’elle n’est plus construite avec les matériaux du territoire, qu’elle échappe elle aussi à un cycle de vie et de destruction, la façon de vivre s’ensuit : la gestion des aliments, des déchets n’ont plus de lien, plus de place logique dans la relation à l’environnement : où les stocker ? Où les rendre utile ? Cette relation d’échange est biaisée, rendue absurde. Aujourd’hui, outre les logiques douteuses d’enfouissement des déchets, notons qu’environ la moitié des poubelles de France sont composées de matière organique, gorgées d’eau, c’est à dire, littéralement : de l’eau est incinérée.
Guillain souligne que la sédentarisation des hommes en ville, dans des espaces avec de très fortes densités de populations, rend impossible cette interaction avec la nature : même si l’on cherchait à enrayer les absurdités précédemment citées, il n’y a pas la place pour la gestion durable de déchets, des excréments, ni même de la pluie !
En effet, à Paris,l’eau ne s’infiltre plus dans le sol : des pompes ont été mises en place pour la réinjecter dans les sous-sols de la ville.

Nos trois intervenants concluent : nous assistons à l’avènement d’une société « hors-sol ».

Ce déracinement progressif serait l’aboutissement d’une vision de la terre et des cycles naturels classistes déjà présente au Moyen-Age. Un membre du public intervient pour évoquer qu’à l’époque, les gens mangeaient presque essentiellement des plantes sauvages et ne cultivaient quelques légumes : l’idée de potager était encore loin.
Ce serait les croisés, revenant de leurs voyages, qui ramenèrent des légumes exotiques, donnant un moyen à l’aristocratie de se distinguer du bas peuple et du clergé, puisque ayant les moyens d’employer des gens à cultiver ces plantes nouvelles au lieu de consommer des plantes spontanées poussant sans effort. Trace de ces croisades potagères, la carotte orange que nous estimons locale viendrait à l’origine d’Iran.
L’intervenant poursuit : un autre symptôme de la société hors-sol serait la peur de la terre et notamment du fait que les plantes sauvages risqueraient de transmettre l‘échinococcose ou la douve du foie due à leur éventuelle expositions à l’urines d’animaux sauvages divers. L’intervenant rappelle que les légumes issus du commerce sont tout autant exposés à ces risques que ceux sauvages, et que cette croyance s’avère donc être un mythe.

Une professeure à Saint-Denis renchérit : ses élèves, collégiens, sont terrorisés par la terre, les araignées, les gendarmes : après six mois de petits travaux de jardinage certains hurlent toujours à la vue de ces éminemment dangereuses créature. Elle rapporte qu’une de ses élèves, désolée de ses propres réactions, citant sa famille d’agriculteurs en Algérie  : « si ma grand-mère me voyait, qu’est-ce qu’elle dirait ! ».
Issus de l’immigration ou non, les dernières générations vivant en milieu urbain sont éloignés de toute forme d’éducation et de travail de la terre, qui est souvent vue comme « sale » vectrice de maladie, de parasites.

INDEPENDANCE ALIMENTAIRE A PARIS
Mythes et Maffias des sols d’iles de France

Il y a 12 millions d’habitants en région Parisienne : l’autosuffisance est-elle possible ?
Commence t’on à y peser de façon systématique ? Est-ce réfléchi ?
Qu’en est-il du maraîchage dans la banlieue Parisienne ?

Henri explique qu’il s’est mis au jardinage pour se créer un potager nourricier pour temps de crise. Il qualifie le jardin de « post-2008 » en argumentant « je me suis mis au jardin quand les Grecs s’y sont mis ! ». A la question de l’autosuffisance, il cite l’agriculture romaine, dont la notre découlerait, à cela près que la Rome Antique avait une main d’œuvre gratuite pour assurer la production, ce qui est -à priori- plus notre cas.

Léonard ajoute qu’il faut en effet réaliser, avant de rêver d’hectares entiers, que cultiver quelques mètres carrés suppose déjà un travail de long terme, une force, de l’énergie, de l’implication.
La question de l’agriculture urbaine est régulièrement agitée par la mairie de Paris de façon assez décorative. On trouve aussi de la communications autour de projets tels que des potagers sur toits de supermarchés, qui, à regarder de plus près, sont autosubventionnés et plus pensés pour la bien-pensance actuelle que pour le long terme.

Des communautés posant les questions de l’agriculture résiliente avec précision sont celles des survivalistes, des prepping communities : elles proposent sur leurs sites internet des kits de survie en cas de catastrophe dpnt notamment des collections de semences bio.
Poser la question de l’agriculture urbaine c’est aussi, comme sur la Petite Ceinture, celle de faire pousser des plantes dans des espaces sur-fréquentés, piétinés et donc de développer des stratégies de jardinage pour éviter d’avoir des plantations écrasées, volées etc. L’ESEL fait pousser des blettes, des fèves, des espèces de tomates méconnues blanches et vertes que les visiteurs de la Petite Ceinture sont moins tentés de cueillir tout en permettant aux jardiniers de les faire découvrir en tant que légumes moins connus aux personnes intéressées.
Il s’agit donc d’étudier quelles plantes sont intéressantes dans ces milieux précis. Des problématiques qu’étudie par exemple Plant for a future, dont le site recense les plantes qui peuvent avoir des capacités de résilience et les cultivent dans un jardin en Angleterre.

Guillain re-contextualise la question : Peut-on penser l’autosuffisance en métropole c’est déjà se demander comment elle s’alimente aujourd’hui. Il y a 7 millions d’habitants à Paris, 12 millions en région parisienne. L’autosuffisance, c’est produire soi-même sa propre nourriture, définition en soi incompatible avec la question de la ville.Les potagers sur toits, même développés dans toute la ville ne permettraient de nourrir qu’une partie infime de la population ! Nourrir 12 millions de personnes en région parisienne uniquement en local est simplement impossible pour cause de trop grande densité de la population.

Une autre des contraintes est la pollution : un résident du Clos Sauvage explique que la terre y est blanche, soit dépourvue de toute fore de matière organique.
Comment parler d’agriculture urbaine quand les voitures recrachent du plomb et des hydrocarbures dans les sols : les légumes peuvent-ils être comestibles quand l’espace est à ce point pollué ?
Faut il aller prendre de la terre qui soit moins polluée ailleurs ?
Qu’arrive-t’il à l’environnement dont on retire de la terre ?

Léo tient à rappeler que le plomb est présent sur toute la surface de la planète à cause de l’activité volcanique et qu’en soi, la terre non-polluée n’existe pas puisque 90% des sols de France le sont.
Cependant même sur les terres les plus pauvres on peut trouver de l’armoise, de la chélidoine : des choses poussent, malgré tout.
Les condamner et les déclarer définitivement pollués implique une certaine politique de l’abandon et favorisent la culture hors-sol, en bac ou tout simplement le retrait des projets : les terres restent « diabolisées », en friches et donnent une image négative à tort de ces espaces.
Certes ces terres posent des problèmes mais la pollution apporte également de l’azote, du souffre, du carbone dont les plantes ont besoin.

Les terres végétales importées constituent un trafic à la limite de la maffia. Souvent des terres à betteraves sur-traitées, il est très difficile d’avoir des informations sur leur provenance et leur composition et les plantations mettent souvent plusieurs années avant de s’y épanouir.
Enfin, que deviennent les terres dont on se débarrasse ?
La Seine et Marne est devenue ces dernières années la décharge de terre excavée d’île de France : on y trouve des terrils géants provenant de tous les grands chantiers parisien, le Stade de France, entre autres.
Du point de vue des officiels il s’agit de « perpétuer l’art et la tradition des jardins » : un prétexte aux yeux de Léonard, pour ne pas regarder de plus près aux conséquences de ces échanges.

Une autre provenance de terres importées est la plaine deMontesson, à savoir une des dernières plaines maraîchères d’Île de France. Ces terres sont amenées à disparaître rapidement, menacées par des projets comme celui du centre commercial du Triangle de Gonesse, une autre des rares plaines maraîchères survivantes : la question dépasse dès lors le cadre des jardins pour toucher celui de la politique pure : il faut faire interdire toutes construction sur les dernières terres agricoles d’île de France.

Dès lors, pourquoi ne pas préférer pour la culture des sols urbains n’ayant pas été modifiés depuis leur placement ? La petite ceinture en constitue un bon exemple, puisque le ballast se dégradant, les feuilles s’y accumulant ont finit par former un commencement de sol. Le travail de l’ESEL a en grande partie été d’accompagner ce processus naturel afin de recréer un sol fertile.

Enfin, les études sur la dépollution in situ sont rares, elles existent et sont porteuses de solutions prometteuses.
La mycorémédiation, par exemple,utilise les champignons et en particulier les pleurotes pour dégrader les hydrocarbures. L’entreprise Polypop, qui est une des seules à étudier cette technique a pu observer des réductions de la pollution de 40% en quelques mois.

La bioaugmentation est un système de culture en pseudo-hors-sol basé sur le principe dit de la « lasagne » par ajouts de couches de matières organique. Le système racinaire de 80% des plantes utilisent les 15-20 premiers centimètres du sol : il s’agit donc de créer de petites buttes au sol dans lesquelles ces plantes peuvent pousser.
Sur les quais de la Petite Ceinture, Henri et Léonard ont disposé du broyat sans spécialement rajouter de champignons, en partant du principe que le bois broyé et humide en contenait déjà. Des champignons ont en effet poussé et les jardiniers ont vu l’activité des vers de terre doubler.

Si eux n’ont pas les moyens de procéder à des analyses de sol et de la végétation, des études menées par AgroParisTech sur le tronçon de la Petite Ceinture appartenant à la Recyclerie ont montré qu’aucun des légumes n’étaient impactés par les métaux lourds.
Léo insiste : la pollution est une question de dosage : il ne s’agit pas de vivre uniquement de ce jardin mais tant qu’on ne mange pas la terre en elle-même : les légumes agissent comme un filtre avec ce sol et sont rarement pollués au point d’être dangereux pour la santé.
Pour Henri, les légumes sur sols pollués vus comme toxiques feraient encore partie du mythe précédemment cité de la terre « sale ».

NATURE URBAINE DOMESTIQUEE
Les Plates-bandes du Pouvoir.

Les parcs urbains sont-ils des formes de domestication de la nature ?
Les jardins sur lesquelles vous travaillez font-ils rupture, résistance ?
Comment se passent les relations entre officiels et associations ?

Il existe toutes les formes de jardins. Le jardin public, le parc urbain est la définition même de la domestication du végétal : c’est une mise en scène de la nature et du pouvoir.
Les pouvoirs publics commencent à prendre conscience de l’intérêt des alternatives développées par les associations ou citoyens : la cohabitation entre parc public et ces jardins expérimentaux frôle une nouvelle forme de domestication qui serait la domestication du participatif, des associations : en somme une réappropriation, puisque le concept de « participatif » devient un argument marketing pour bien des projets peut-être moins généreux et citoyens qu’il n’y paraît.

Guillain travaille actuellement sur le Jardin d’Emmerveille, jardin pédagogique pour les enfants, dans le parc de la Poudrière en Seine Saint-Denis, qui fait figure de projet pilote en la matière, puisque faisant se rencontrer les pouvoirs publics, la petite enfance, les espaces verts, le monde culturel et celui du paysage. Le choix des plantes est une véritable bataille à mener autour des questions du risque, de la responsabilité, des normes : quand les espaces publics dédiés à la petite enfance doivent avoir un revêtement en caoutchouc pour éviter que les enfants ne se fassent mal, lui revendique que les enfants puissent apprendre à tomber, et donc à éviter de se faire mal par la suite, tout comme de faire attention aux plantes telles que les orties, les yuccas…

 

L’ESEL : http://venueofmeet.wixsite.com/esel

Le jardin d’Emmerveille : http://lejardindemerveille.tumblr.com/questce

Plant for a future : http://www.pfaf.org/user/Default.aspx

Polypop : http://www.polypop-industries.com/

Sur la réappropriation du « participatif » : http://www.metropolitiques.eu/Choisir-ses-occupants.html

Sur le Triangle de Gonesse : http://nonaeuropacity.com/

 

Jardin express

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Vous habitez dans une rue ?
Vous préfereriez habiter dans un jardin ?
L’ESEL+la Semeuse exaucent vos voeux sous 24h !

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Muret en gravats de chantier assemblés selon une technique de pierre sèches et plantations fraîches par et pour les habitants de l’Impasse Désiré Leroy.